Vendredi 14 novembre 2008
Dimanche matin, de retour sur Paris je retrouve Nat à la sortie du RER B. Sandwiches dans les jardins du Luxembourg et
longue discussion de filles, de femmes. Nous avons rarement discuté ainsi, je me sens à la fois mère, soeur, amie. Ecoute ton coeur Nat et oublie le reste ça n'a pas d'importance. Vers 13h30,
nous nous dirigeons vers l'expo de Miro à Warhol au palais du luxembourg, petite expo, beaucoup de monde, mais j'ai pu déposer mon sac au vestiaire et nous n'avons pas eu de file d'attente pour
rentrer par chance. Au début difficile, j'étouffe un peu, je ne trouve pas l'expo réussi, pas évident de trouver son rythme avec quelqu'un qu'on accompagne. Les murs sont gros neutres, la
moquettes marrons claires, peu de hauteur de plafond, lumière plongeante venant d'en haut, cela change du parquet, panneaux blancs, baies vitrées, 4m sous plafond à Beaubourg. Mais nous
persévérons, et finalement c'est super, je déambule dans l'expo en essayant de visualiser la disposition des tableaux, le chemin, les noms. Et quelques noms restent, Wesselman, Viera da silva,
Ernst...
en sortant nous sommes descendus jusqu'à Notre Dame en passant par saint michel. Puis direction le châtelet, là nous nous
posons dans un Starbuck coffee, donut au chocolat frapuccino pour Nat, cheesecake framboise et chocolat chaud pour moi. Cette fois-ci c'est mon tour de parler de moi, envie de parler d'Aubagne et
de Matthieu et de ma vie. Mon cheminement se poursuit, silence, méditation, confidences et acceptation. Elle me comprend comme j'ai eu l'impression de la comprendre, nous sommes nous déjà
comprises à ce point. Détachées toutes deux de tout lieux de toute vie, une pause dans notre quotidien. A 18h nous sortons, Nat n'a pas l'air pressée, tant mieux je n'ai pas envie de la quitter
tout de suite, alors direction quartier de l'Odeon (à pied bien sûr !), petites rues, lèches vitrines. Il fait nuit, mais ça grouille, de partout de gens et de lumière. A 19h30 nous sommes devant
le cinéma pour voir Apaloosa, (Viggo !). La salle se remplit alors que le film est sorti depuis plus d'un mois. Il faut dire nous sommes dans les quartiers culturels et intellectuels de Paris (5
cinémas au km2). Moment agréable, je me blottis contre Nat pour pallier à un grand dadet devant moi m'empêchant de lire les sous-titres. Bon film, western classique et drôle, et Viggo, j'adore
!
Nous nous sommes en suite quittée un peu vite nos chemins se sépare dans le métro, RER A pour elle, ligne 14 pour moi
!
Je descend à Madeleine, et je marche jusqu'à l'opéra, je rêvais de marrons chauds à déguster, mais pas un seul vendeur en
vue, pourtant j'en vois de jour dans le quartier. Je film un peu, mais cela semble inutile et dérisoire. Je reste, j'engloutis un paquet de gateau sans quitter la façade des yeux. Je contemple la
valse des bus qui continue malgré l'heure tardive. Je ne reste pas trop en place, parce que quand même, deux hommes viennent me demander du feu...
J'allais partir et les portes se sont ouvertes, alors je suis restée à contempler la sortie de tous ces gens qui venait de
quitter cette salle au plafond Chagallien. Je les observe, il y a les clichés bons chic bons genres, les mamies, les dames étincellantes de bijoux, talons haut, veste rouge cheveux tirés, les
beaux messieurs sur leur 31. Les gens pressés, ceux qui restent parler de la représentation, les jeunes qui étaient sans doute relégués au place à 5 euros tout là-haut, les étrangers, beaucoup
d'étrangers. Et je ne peux m'empécher, j'interpelle une dame "Madame, excusez moi, pouvez vous me dire ce que vous venez de voir à l'opéra ?", récital d'une jeune tenor allemand, je note
d'ailleurs un léger accent allemand chez cette femme élégante. Je n'y étais pas, mais le savoir et les regarder sortir me rapproche d'eux pour quelques secondes. Pour quelques instants je partage
leur vie. J'aurais aimé comme en Allemagne Houcine m'avait dit qu'ils installaient des hauts parleurs pour que les passants puissent jouir du spectacle à l'opéra. J'aurais aimé que ce système
s'applique en France. Je reste et et je retrouve MON 66, qui me ramène doucement chez mon frère.